Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 22:30

vive la familleJ'ai trouvé ce livre sur la table de nuit de Maman après son décès. J'ai mis plus d'un an à l'ouvrir. Au delà des circonstances de sa découverte, le titre m'attirait, irrésistiblement, comme un message laissé…

La quatrième de couverture m’a encouragé :

«  1953. Dans la sympathique station balnéaire de Stepmouth en Angleterre, Rachel, jolie ado de seize ans, tombe amoureuse du sulfureux Tony, contre l’avis de Bill Vale, son frère. Détestant le jeune homme, Bill désapprouve cette liaison et renie sa sœur…

Cinquante ans plus tard, Laurie Vale, la fille de Bill, reçoit un drôle de coup de fil. d’une certaine Rachel ! Une tante tombée du ciel, dont elle ignorait l’existence et qui l’invite à venir la rencontrer. Direction Majorque, son soleil, ses palmiers, ses plages de sables fin et ses coups de théâtre à la chaine. Au programme ? Redécouverte d’un passé soigneusement enfoui et chassés-croisés sentimentaux, le temps d’un regroupement familial non autorisé… »

En parlant de couverture… je dois franchement avouer que je n’aurais jamais investi dans ce roman sans ce contexte particulier. Il est même fort à parier que je ne l’aurais pas emprunté à Maman car la photo très kitch des deux personnages féminins dos à dos, téléphone en main et sourire éclatant sur fond framboise écrasée m’aurait plutôt repoussé. Le titre ne m’aurait pas plus attiré, « We are family » de la version originale étant devenu ce « Vive la famille ! » ironique.

Et c’eût été dommage.

L’écriture est à deux mains : les auteurs, mariés à la ville, Josie Lloyd et Emlyn Rees, ont bâti leur roman sur deux temporalités. Une histoire raconte la rencontre entre Rachel et Tony en 1953, avec en toile de fond l’histoire de leur propre famille, le poids de celle-ci sur leur vie ; et une autre qui se passe aujourd’hui, avec comme protagonistes les descendants de ces personnages.

Les deux histoires se mêlent et se recoupent pour amener le lecteur dans les tréfonds des secrets de famille.

C’est un livre qui se lit facilement. Il n’y a pas de rebondissements extraordinaires et l’intrigue assez simple est facile à percer. Pourtant, je ne me suis pas ennuyée une minute en compagnie de la famille Vale-Glover. Même si l’issue de l’histoire est très prévisible, l’alternance entre passé et présent rend le récit intéressant.

J’ai passé un bon moment de lecture… et pour la petite histoire, pas de révélation d’outre-tombe pour moi, ouf !

.

Par vhs
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Mercredi 3 août 2011 3 03 /08 /Août /2011 23:09

... que personne ne se sente visé

mort aux cons

 

   

C’est à l’occasion du SWAP de la médiathèque de Signy, ce livre ne fut offert, accompagné de  « Les braves gens ne courent pas les rues » qui est encore dans ma PAL. C’est le titre qui avait séduit ma généreuse bienfaitrice. C’est vrai, qu’avec ses couleurs chatoyantes et son titre provocateur, il est difficile de passer devant sans le remarquer.

Mais si au premier coup d’œil on peut s’illusionner sur le coté léger du thème, on se rend bien vite compte que l’histoire est celle d’un tueur en série, un peu à l’instar de celui qu’on suit dans l’excellent film « c’est arrivé près de chez vous » (âme sensible s’abstenir), en largement moins dérangeant quand même.

Notre tueur est, ici, monsieur tout le monde. Un homme tranquille qui devient assassin presque par inadvertance. En utilisant la première personne du singulier, le narrateur nous renseigne sur ses états d’âme et on chemine avec lui dans les méandres de son raisonnement.

Tout commence par un geste irréparable : un soir de canicule, il jette le chat de sa voisine par la fenêtre. Puis il observe ce qui se passe : la voisine éplorée, l’immeuble entier qui hier encore l’ignorait accourant à son chevet. De là, il élabore sa première hypothèse : la mort du chat a rassemblé, créé du lien social, comme on dit.

L’histoire est lancée.

Tout au long du roman (ouf ce n’est qu’un roman) le narrateur dont on ne connait jamais l’identité, décrit son cheminement, nous fait part de ses hypothèses, élabore une théorie sur les cons, nous faisant partager sa réflexion, nous plaçant ipso facto dans une posture complice.

Le texte n’est qu’un long monologue, tantôt humoristique, tantôt philosophique. Et pour lui apporter la contradiction que toute démarche scientifique requiert, car notre serial killer s’inscrit dans ce type de démarche, un personnage secondaire apparait : le commissaire Marie. Au moment de son introduction dans le récit, on pourrait croire qu’il est un peu comme un Colombo : il a pressentit l’identité du coupable et il le ferre en restant omniprésent dans sa vie. C’est d’ailleurs la réflexion que se fait également le narrateur. Pourtant au fil de l’histoire, il apparaît de plus en plus comme le miroir de l’assassin : il l’aide à élaborer sa théorie sur les cons, lui prodiguant conseils et axes de réflexion. Mais, tel celui des foires aux monstres, le miroir est déformant…

 

L’histoire se présente comme un manifeste comme le précise la quatrième de couverture :

« Contrairement à l’idée répandue, les cons ne sont pas réformables. Une seule chose peut les amener non pas à changer, mais du moins à se tenir tranquilles : la peur. Je veux qu’ils sachent que le temps de l’impunité est révolu.

Je compte à mon actif cent quarante meurtres de cons. Afin qu’ils ne soient pas morts pour rien, je vous enjoins de lire ce manifeste. Il explique le sens véritable de mon combat.

Qui n’a jamais rêvé de tuer son voisin le dimanche matin quand il vous réveille à coups de perceuse ? Ou d’envoyer dans le décor l’automobiliste qui vous serre de trop près ? Mais passé les premiers meurtres d’humeur qui le débarrassent des cons de son entourage, le héros prend peu à peu conscience de l’ampleur de sa mission.

Carl Aderhold nous livre ici son premier roman. »

Mais, il faut attendre la dernière page du roman pour trouver la justification du livre. Et c’est là une idée tout à fait ingénieuse.

Tout comme celle qui est d’articuler le récit en 141 paragraphes numérotés, égrainant les 140 meurtres.

Et le 141ème ? Chhhhhhhhhhut, c’est une surprise !

 

Par vhs - Publié dans : roman philosophique
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Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 23:08

le festival f paulusBien plus tard, après le drame, on pense avoir retrouvé une paix intérieure. Et puis un matin, en ouvrant le journal, un détail fait ressurgir de vieux fantômes. Un élément nouveau intervient et tout bascule.

A l’automne 1952, un corps disloqué est retrouvé au pied du Roc la Tour. Bien que clamant son innocence, Jolivet est condamné à perpétuité pour le meurtre de Mathey, un industriel de la vallée de la Meuse.

Philippe, un ancien garçon de café, a bien connu les protagonistes de l’affaire Jolivet. Leur histoire fut un temps suspendue à la sienne.

A l’automne 1972, vingt ans après les faits, déterminé à ne plus taire ce qu’il sait, Philippe décide de revenir à Charleville-Mézières. Il a une vérité à rétablir, un rideau à lever.

En arrivant, il est plongé dans une agitation particulière : le premier festival mondial des théâtres de marionnette. Entre ce festival et Philippe se noue aussitôt une étrange relation. En 1952, Philippe s’était aussi inventé un petit peuple sur lequel régner.

Déambulant dans les rues, Philippe recompose l’atmosphère ancienne, rejoue une partie de sa vie, en noir et blanc. Ses souvenirs s’animent et délivrent peu à peu ses desseins les plus exaltants et terrifiants. Progressivement les événements font rebondir la conscience d’un homme… jusque dans celle du lecteur.

 

J’ai rencontré Fabrice Paulus au salon du livre de Warnécourt ce printemps. J’avais lu son roman noir (très noir) La ferme isolée. Après en avoir longuement discuté avec l’auteur, il m’a indiqué deux de ses romans susceptibles de me plaire. Voici le premier.

Même si on est loin de l’atmosphère pesante du précédent, la tonalité générale reste assez sombre. Philippe, le narrateur, après avoir lu un article dans le journal local, plonge dans son passé. Il décide de revenir dans la ville où tout a débuté, replongeant ainsi dans un passé oublié.

Le récit progresse par petites touches. L’histoire est émaillée de flash-back. Sans cesse, Philippe passe du présent au passé, du réel à ses souvenirs cherchant dans ceux-ci des éléments qui pourront lui donner de l’espoir, et atténuer son sentiment de culpabilité.

Sur fond du premier festival mondial de la Marionnette à Charleville-Mézières, Philippe, ancien admirateur de jeux d’échec, sombre dans un monde de pantin, où le manipulateur n’est pas forcément celui qu’on croit…

 

Je remercie Fabrice Paulus qui a insisté pour que je poursuive dans son œuvre, ce que je ne regrette pas.

Par vhs - Publié dans : roman policier
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Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 23:41

georgia lapourssette

 

Voici un tout petit livre qui a le bon goût de pouvoir se glisser partout. Parfaite pour attendre son rendez-vous, cette nouvelle a le don de vous mettre de bonne humeur, même quand on attend depuis plus d’une demi-heure.

C’est une nouvelle assez courte (une vingtaine de pages), mettant en scène le personnage de Georgia Lapoussette (qui l’eût cru ?), née un 1er avril. Sa particularité est d’être de très petite taille et pleine de charme.

Impossible de raconter l’histoire, qui d’ailleurs n’a pas vraiment d’importance, l’interêt étant surtout dans la narration et l’écriture. Car c’est un texte récréatif, une histoire un peu loufoque servie par un style proche de l’absurde.

Pour résumer, je dirais que c’est comme un Claude Ponti sans image (pour ceux qui ne connaîtraient pas Claude Ponti, faites donc un tour à l’école des loisirs).

 

Dans une courte préface, Jean-Marc Brunier, libraire de son état à la Librairie Le Cadran Solaire, nous invite à découvrir cette auteure (totalement inconnue jusqu’alors pour moi) par cette phrase : «  parce que dans ce texte offert avec toute sa générosité, elle y est vraiment toute entière ».

Je pense que je vais suivre son conseil et m’intéresser de plus prés à Véronique Ovaldé car si ces romans sont à la hauteur de cette nouvelle, je sais que je vais me régaler !

Affaire à suivre donc…

 

Par vhs - Publié dans : Nouvelles
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Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 12:22

9782915746570

 

Sa réputation, c’est à la force de ses poings qu’il l’avait gagnée, le jeune Salgado. Même la bande de la cité des fleurs avait renoncé à s’y frotter. Son secret ? Le karaté ! Ce petit plus qui lui permettra de passer des banlieues sombres au Paris chic en devenant garde du corps. Nouveau monde, nouvelle vie, mais rien n’est aussi simple !

Confronté à une violence bien plus grande que celle des rues, Sam va comprendre que ses poings ne suffiront pas à tout résoudre…

 

Voici le second roman d’Andras Fenris. J’avais déjà apprécié son premier (Urban Massaï) aussi c’est sans hésitation aucune que j’ai ouvert celui-ci surtout qu’il était annoncé comme en étant la suite. Je m’attendais donc à y retrouver Franck, le personnage central du précédent ouvrage, mais, surprise, cette fois, c’est de l’histoire de Samir, le sage ami de Franck, dont il s’agit.

Bonne surprise.

Le récit est à la première personne (décidément, voir billet précédent) ce qui permet de découvrir la sensibilité et les contradictions du personnage, mais aussi une vision de la banlieue différente de celle servie habituellement par les média.

D’autres thèmes, plus psychologiques comme la difficulté de rester soi tout en quittant son milieu, ou de conserver ses valeurs malgré tout. Ainsi Samir va se voir confronter au problème des consonances trop typées de son nom. Doit-il accepter un diminutif, Sam, qui l’ampute aussi d’une partie de sa vie, renonçant à ses amis d’enfance ? Ou, comme Driss, rester sur le chemin qui lui a été tracé et dans l’indifférence se hisser à la première place ?

C’est l’itinéraire, non pas d’un enfant gâté, mais d’un jeune de ces banlieues qui affolent le bon peuple qui n’y a jamais mis les pieds. Un jeune presque ordinaire. Comme il en existe des milliers.

Un vrai roman social.

Pourtant, ici, pas de leçon moraliste. Les choses sont écrites simplement, sans rajout superflus. Comme à la page 56, discussion entre Driss et Samir après le retour de ce dernier dans son quartier, c’est Driss qui parle :

 

         « L’autre jour j’ai failli m’emporter contre un jeune de la cité. Tu me connais, je ne suis pas du genre à m’énerver. Mais là, j’ai bien failli lui mettre une claque. Grâce à Dieu, je me suis retenu. Ce petit voyou disait que tu te faisais appeler Sam et que tu ne laissais pas entrer les Arabes et les Noirs dans la boîte de nuit où tu travailles. Je l’ai collé au mur devant ses petits copains ? Il a ravalé ses paroles, crois-moi. Mais bon, voilà. Je voulais juste te faire savoir qu’on raconte des saloperies sur toi et dans ton dos.

Je fais de mon mieux pour ne pas détourner les yeux, mais je crois qu’ils ont déviés un court instant, involontairement. Driss fronce les sourcils.

- C’est vrai en partie, je me fais appeler Sam dans le boulot. [...] C’est juste pour le boulot. Et pour la sélection à l’entrée de la boîte, c’est aps comme ça que ça se passe. On a des critères… On veut pas laisser enter trop de mecs seuls. Et puis, il y a la merde. Y a un tas de critères. C’est pas si simple. »

Rien n’est blanc, rien n’est noir. Rien n’est simple.

Pourtant on aurait pu se croire dans un monde manichéen : d’un coté la bande à Larbi de l’autre le club de karaté de Sam. Là où tout commence.

Le karaté, autre personnage du roman. Omniprésent, l’art du combat est apparemment aussi maîtrisé par l’auteur que par ses personnages. Les termes utilisés sont traduits, expliqués en finesse. Je devenue incollable sur les coups de pieds directs (mae geri), de coté (yoko geri) ou le fameux coup de pied circulaire cher à Popeye des Bronzés (mawashi geri). Bon, je reconnais, mes connaissances restent essentiellement théoriques…

 

L’écriture est efficace. Le lecteur se retrouve sans cesse au cœur de l’action, et il y en a beaucoup, grâce aussi à l’utilisation du présent comme temps de conjugaison. Impossible de deviner la suite des événements. Bon évidemment j’avais lu la fin avant, pour m’éviter les mauvaises surprises, désolée…

 

Un roman que je n’ai pu lâcher qu’à la dernière page, à regret.

 

 

Par vhs - Publié dans : roman de garçon
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Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 10:57

la verticale du fouClarisse est morte.

Elle ouvre les yeux sur son corps mutilé, entouré par la police scientifique qui s’affaire sur la scène de crime de son propre meurtre.

La vision est dure. Choquante. Le décor sinistre.

Dans cet état d’exo conscience, elle fait alors un come-back sur sa vie passée. Dans une affliction particulière, dérangeante, elle reconstruit le puzzle de sa vie. Elle va vivre ses derniers instants post mortem dans une bien singulière situation : celle de refaire à l’envers le chemin des heures qui ont précédé sa mort, afin de pouvoir confondre son propre meurtrier.

La police scientifique est formelle : le meurtrier de Clarisse a déposé son corps à plusieurs kilomètres des lieux du crime, pour s’adonner à des pratiques nécrophiles sur celui-ci. Chris, le jeune lieutenant de police affecté sur cet étrange homicide, va se retrouver lui aussi face à une situation qui le dépasse : la femme qu’il aimait, celle pour qui sa vie allait basculer, se trouve sous ses yeux, atrocement mutilée. Peu avant sa mort, Clarisse avait entretenu une relation enflammée avec le jeune flic.

Dans une curieuse atmosphère, trois destins vont alors se croiser, s’enchevêtrer pour enfin révéler toute la complexité de leurs existences tourmentées.

En parallèle, la conjonction sordide d’affaires criminelles jamais élucidées va également ressurgir, révélant toute la noirceur de la folie humaine et l’infini de ses troubles.

 

Fabio M Mitchelli signe ici sa première œuvre littéraire : une nouvelle classée dans la catégorie Thriller fantastique par son éditeur.

Pour être fantastique, cela l’est. Dans les deux sens habituels du terme.

Nous pénétrons ici dans le plus profond de l’âme humaine avec Clarisse, jeune assassinée, dont le corps vient d’être découvert dans une forêt.

La narratrice, Clarisse, parle à la première personne du singulier, donnant la forme d’un témoignage au récit.

Faisant preuve de clairvoyance, elle revient sur les dernières heures de sa vie. Elle décrit son corps tel qu’il est découvert et tel qu’il fût, nous apprenant ainsi beaucoup de chose sur sa personnalité. Or, Clarisse n’est pas une sainte, loin de là.

Progressivement, on voit apparaître les autres personnages qui ont croisés sa route. Parmi eux, forcément, l’assassin. Mais, pour moi, l’intérêt de cette nouvelle n’est pas forcément là.

Au-delà de l’histoire purement policière, une dimension humaine se dessine. Voire existentielle. Clarisse qui aimait s’amuser, sans grande considération pour son entourage, décide de prendre un autre chemin. La mort l’en empêche. Est-on maître de sa vie ? Réellement ? Pourquoi Clarisse peut-elle voir l’enquête se dérouler ? Serait-ce dans un but rédempteur ? La dernière phrase avant l’épilogue est sans ambiguïté.

 

Le style d’écriture est au service de l’histoire. Les flash-back s’allongent au fil du récit, la narratrice recouvrant peu à peu la mémoire des évènements. Les heures sont égrainées, chronologiquement, et nous amène jusqu’au moment fatal et au-delà.

Le vocabulaire recherché (pour la description du corps de Clarisse particulièrement, où le mot est mis au service de l’imaginaire), la référence introductive à Dante (la suite de l’intrigue montre son importance) ainsi que les détails scientifiques (méthode de datation en phase post-mortem) font de cette nouvelle un moment bien plus littéraire que la plupart des « thrillers » habituels nous réserve.

A consommer sans modération !

Par vhs - Publié dans : roman fantastique
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Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 22:01

Jack Isidore a des théories fumeuses sur tout et une collection d’objets aussi farfelus qu’excentriques. Ce garçon est si inadapté à la réalité que, lors de leur déménagement dans la banlieue de Los Angeles, sa sœur Fay et son beau-frère Charley Hume se sentent obligés de l’héberger. Mais sous le regard de Jack, le vernis de la famille modèle se craquelle vite pour laisser exploser au grand jour les névroses de ses deux tuteurs…

Entre paranoïa et amour fou, le génie de la science-fiction, Philip K. Dick , explore cette fois-ci un autre univers : la nébuleuse chaotique du mariage et de ses faux-semblants. Une histoire dans laquelle le plus « barjo » n’est certainement pas celui que l’on croit…confession d'un barjo

 

Effectivement, la dernière phrase résume à elle seule la thématique du livre.

 

Je n’avais pas lu de K. Dick depuis mes années universitaires, ce qui remonte à quelque temps. Quand Corinne nous l’a présenté au club de lecture, j’ai été séduite par son argumentaire. Du K Dick qui n’est pas de la science-fiction ! Diantre, il faut essayer !

 

Ce roman surprenant, pourrait s’apparenter à une étude de mœurs. Une famille : le père, la mère et leurs deux filles. Arrive le frère de madame. Entre eux, ce n’est pas l’entente cordiale, loin s’en faut. Elle le prend visiblement pour un imbécile, un barjo. C’est vrai qu’il ne semble pas très équilibré. Il se veut scientifique, cherche des explications irréfutables pour tout… mais ses réflexions sont souvent bancales et ses cheminements intellectuels parfois curieux. Pourtant, quand il en prend le temps, il peut effectuer des analyses d’une logique pertinente (ainsi son interrogation sur les motivations de son beau-frère pouvant expliquer ses actes). C'est une sorte de naïf. Le Candide de l'histoire.

Fay, sa sœur, n’est pas d’un caractère facile, c’est le moins que l’on puisse dire. Son frère, Jack, pense qu’elle est psychopathe. C’est une femme à laquelle rien ne résiste et qui n’a pas l’habitude d’être mise en défaut, surtout par les hommes. Ses réactions sont souvent assez incompréhensibles pour un être normalement socialisé. Dénuée de savoir vivre, elle utilise un vocabulaire grossier, fait preuve d’un sans gêne absolu.

Son mari ne vaut guère mieux même s’il semble être animé d’un peu plus d’humanité (c’est lui qui insiste pour que Jack vienne habiter avec eux afin d’améliorer ses conditions de vie).

Ce trio vit donc ensemble dans une grande maison avec les deux petites filles du couple, personnages secondaires, y compris pour leurs parents.

Tout aurait pu se passer aussi bien que dans le meilleur des mondes (possible) si leur route n’avait pas croisé celle du si joli couple Anteil… et là, c’est le drame.

Je ne vous en dirai pas plus.

 

C’est frustrant, non ?

Par vhs
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Samedi 25 juin 2011 6 25 /06 /Juin /2011 19:05

trésor des abbessesJ’avais envie de connaître l’offre de mon éditeur, c’est quand même la moindre des choses. J’avais le choix.

Finalement, j’ai décidé de prendre « Le trésor des abbesses » de Charlène Mauwls, dans la collection Aventures.

La quatrième de couverture m’avait parue intéressante :

 

Quel est le trésor dont parle un manuscrit du IXème siècle que Virgile, jeune antiquaire parisien, rapporte de Trèves ?

Pourquoi, la mafia russe, dirigée par Constantin Basilivitch, l’a-t-elle missionné pour lui procurer ce Livre des miracles, rédigé par les plus grands ecclésiastiques de tous les temps, depuis Macaire, premier évêque de Jérusalem, jusqu’au pape Pie XII ?

Quel est le secret contenu dans ces pages qui relatent la vie de Saint Hydulphe, chorévèque de Tréves, la ville où naquit l’empereur Constantin qui christianisa le monde romain ?

Quel est le lien entre le médaillon que porte toujours Tontine, la mère adoptive de Virgile, et le trésor des abbayes qui composèrent la croix monastique des Vosges dont parlent les archives de la bibliothèque d’Epinal ?

Plongés dans une affaire aux méandres diaboliques, Virgile et ses amis devront répondre à toutes ces questions pour découvrir le trésor des abbesses.

Suivons les au cœur des mystères du moyen-âge.

 

C’est un livre que j’ai lu d’une traite même si au départ j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire, mais il faut bien dire, que mes précédentes lectures étaient assez éloignées de ce thème.

Très documentée, ce récit nous plonge dans l’histoire ecclésiastique des Vosges. Domaine dans lequel mes connaissances sont d’une rare indigence, je dois bien l’avouer.

C’est une histoire qui s’adresse aussi bien aux adultes (ma grand-mère de 90 automnes l’a lu et apprécié également) qu’aux adolescents. L’intrigue est assez linéaire et facilement compréhensible pour des jeunes collégiens.

J’ai particulièrement apprécié la qualité du vocabulaire (c’est assez rare pour ce type d’écrit pour être signalé).

J’ai eu un peu plus de mal avec la ponctuation. En effet, les points de suspensions sont nombreux, surtout au début du roman, et ce même en milieu de phrase. Cela m’a un peu agacé, heureusement, l’histoire m’a happée et j’ai fini par les oublier (surtout que, progressivement, ils se font plus discrets).

Par vhs - Publié dans : roman jeunesse
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Mercredi 15 juin 2011 3 15 /06 /Juin /2011 23:50

mort d'un heroine rougeJ’ai choisi de lire le livre de Xiaolong, au départ, parce qu’il me fallait un auteur dont l’initiale commence par un « X » (et oui, toujours le fameux challenge 2011, que je ne finirai pas, maintenant c’est sûr). Evidemment, j’ai été guidée aussi dans mon choix par Christophe-le-libraire et un peu par la quatrième de couverture :

Shanghai, 1990. Le cadavre d’une jeune femme est retrouvé dans un canal. Pour l’inspecteur Chen et son adjoint Yu, l’enquête se transforme en affaire politique lorsqu’ils découvrent que al morte était une jeune communiste exemplaire. Qui a pu l’assassiner ? Chen et Yu vont l’apprendre à leurs dépens, car, à Shanghai, on peut être un camarade respecté et dissimuler des mœurs déroutantes. 

 

Donc, me voilà devant la Chine d’aujourd’hui… enfin d’il y a 20 ans, parce que je ne crois que les choses ont aussi évoluées là bas.

L’essentiel de ce livre n’est pas l’enquête policière. On sait d’ailleurs assez rapidement qui est l’auteur du crime. Non, l’intérêt réside surtout, pour moi, dans la découverte de ce pays et de ses mœurs. Et les difficultés auxquelles se heurtent nos deux policiers sont révélatrices du système politique chinois. En Chine tout est politique.

C’est le portait d’un pays en plein changement après les évènements de Tienanmen, en 1989. Ici pas de prise de position de l’auteur ou du narrateur par rapport à la politique intérieure, mais le constat des évolutions entre un socialisme idéal et l’incursion « du mode de vie décadent sous l’influence de l’idéologie bourgeoise occidentale ». Pas de critique directe de la Révolution Culturelle, seulement la description de ce qui fût fait. Au lecteur d’adhérer ou pas. Pourtant a priori l’auteur n’a rien à craindre, habitant les USA depuis 1989… mais qui sait.

C’est un livre très intéressant à ce point de vue.

Par contre, notre inspecteur est un poète. Le récit est ponctué de vers chinois, heureusement, ou malheureusement, traduits. Je n’ai pas gouté le sel de cette poésie. Bon, en même temps, qui me connait sait que ce n’est pas ma tasse de thé (de Chine), alors de la poésie chinoise ! Pourtant, plusieurs digressions poétiques m’ont permis de faire connaissance avec quelques contes et légendes orientales qui éclairent la psychologie des protagonistes.

 

Je conseille donc vivement la lecture de ce roman à tous ceux qui désirent s’immerger dans la Chine contemporaine, plus qu’aux amateurs de thriller. Merci Christophe de me l’avoir fait découvrir !

Par vhs - Publié dans : roman policier
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Samedi 28 mai 2011 6 28 /05 /Mai /2011 22:09

les coucousVoici une courte nouvelle proposée par Babelio dans le cadre de sa masse critique.

Le résumé était alléchant, pour moi qui aime les plantes :

 

« Quand les plantes vénéneuses redonnent à une vieille dame toute sa dignité…Un herbier comme guide subtil pour éradiquer se don nid les petites crimes conjugaux. »

 

Et effectivement, le texte a été à la hauteur de mes espérances. Bon trop court, évidemment, mais c’est une nouvelle.

Impossible de résumer, mais c’est truculent à souhait. Parsemé de dessins, le texte est découpé en chapitres comme un roman. A chaque début de chapitre, un court résumé sur la plante utilisée dans les pages suivantes. C’est très instructif. Par exemple, je ne connaissais pas les propriétés toxiques de l’Ellébore (je regarde les miennes d’un nouvel œil maintenant…)

Un petit livre à emporter partout avec soi, dans sa poche, son sac… et à faire lire à son conjoint, surtout si on a un jardin. On n'est jamais trop prudente...

 

Par vhs - Publié dans : Nouvelles
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