Partager l'article ! La lamentation du prépuce, Shalom Auslander: La lamentation du prépuce est un petit bijou. Shalom Auslander signe ic ...
DANS LE MONDE DE VHS
La lamentation du prépuce est un petit bijou.
Shalom Auslander signe ici un pamphlet truculent sur les excès de la religion. Issu d’une famille juive orthodoxe, Shalom, dont le prénom signifie Paix, essaye de survivre face à un Dieu qui n’existe apparemment que pour le harceler et lui rendre la vie impossible.
Durant les 300 pages de ce roman, on suit la vie de cet enfant devenu homme tiraillé entre la terreur en ce Dieu omnipotent et sa rébellion permanente.
L’humour est présent à chaque page. Shalom parle directement au Créateur, l’invective, pour lui demander pardon dans la phrase suivante. Pour lui, « Dieu est vraiment un salaud » (attention, c’est une citation, hein, Toi, en haut, ne va pas croire que je partage ses sentiments à Ton égard… Je ne veux pas d’ennui, moi !)
Jusqu’à la dernière page, on reste dans ce registre. Même les très ennuyeux remerciements de fin de livre deviennent un morceau de choix. Ce dernier chapitre s’appelle « Qui tuer ». C’est une supplique vers celui en qui, hélas, il croit : « Je T’en supplie, Dieu : ne tue pas ma femme à cause de ce livre ». Evidemment ensuite il Lui désigne ceux qu’Il peut tuer sans problème (les membres de sa maison d’édition par exemple).
Mais au-delà du simple aspect humoristique, j’ai beaucoup appris sur la religion juive que je ne connais pratiquement pas (mes connaissances en ce domaine se limitant à Rabbi Jacob), j’y ai retrouvé des racines (j’ai fait mon cathé). Ce livre dénonce aussi les brutalités faites aux enfants par les religions quand elles sont poussées à leurs extrêmes. Et ce quelque soit cette religion, car je ne doute pas que ce soit la même chose chez les musulmans (zut, un coup à me faire descendre, heureusement que j’ai peu de lecteur !) ou chez les catholiques. Et, ici, on ne parle pas des fondamentalistes qui veulent convertir ou éliminer tout ce qui ne leur ressemblent pas. Non, ici, c’est seulement l’éducation de leurs propres enfants qui est en jeu. Comment par la peur, l’institution de rites conférant à la superstition, on rend des générations névrosées. Orli, l’épouse de l’auteur, le dit très bien (page 114): répondant à son mari qui a une panne «_C’est dingue. On dirait que j’ai été victime de violences sexuelles.
_ Tu as été victime d violences théologiques, corrige Orli. C’est bien pire. »
Ne passez pas à coté de ce livre, tellement actuel.
De mon coté, je pense investir dans le dernier ouvrage de Shalom Auslander… Le titre ?
Attention Dieu méchant ! Prometteur non ?
La quatrième de couverture :
Jeune époux et futur papa, Shalom pourrait être le plus heureux des hommes. Mais l’enfance peut commettre bien des ravages… Elevé dans la plus stricte orthodoxie juive, il en a gardé une vision très personnelle du « Tout-Puissant » et une paranoïa aiguë. Trente-cinq ans que cela dure. Trente-cinq ans d’une relation complexe, faite d’incompréhension et de pure terreur. Alors à l’adolescence, Shalom s’est rebellé : gavage de hot dogs, lecture pornos… Et il a attendu tremblant, le châtiment divin. Mais rien…
Aujourd’hui, la grossesse de sa femme le laisse désemparé. Partagé entre son désir d’émancipation et sa peur maladive de Dieu, le voilà confronté à l’agonisante question : quel sort doit-il réserver au prépuce de son enfant ?
Edité chez Ex-Aequo
Cliquez sur l'image pour en découvrir les premières pages...
Et en format numérique aussi !
Et pour connaître toute l'actualité de l'auteur, c'est ici !