Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 21:23

    la liste de mes enviesQuatrième de couverture : Les femmes pressentent toujours ces choses- là. Lorsque Jocelyne Guerbette, mercière à Arras, découvre qu’elle peut désormais s’offrir ce qu’elle veut, elle se pose la question : n’y-a-t-il pas beaucoup plus à perdre ?

 

Qui n'a pas eu l'idée de lister les choses qu'il ferait si la bonne fortune décidait un jour de frapper à sa porte et de lui offrir sur un plateau la somme fabuleuse de plusieurs dizaines de millions d'euros ? J'avoue, ça fait partie des petits trucs qui me permettent de poursuivre son chemin, se lever le matin pour aller au boulot rêvant secrètement que ce soit le dernier jour, passer la cinquième en pensant que j’ai entre les mains le dernier modèle de monospace (désolée, mais chacun ses rêves). Eh bien, c’est exactement ce qui arrive à la mercière Jocelyne. Ecrit à la première personne du singulier, la vie de Jocelyne est bien morne : un mari à la limite du rustre, des enfants qui ont quittés le nid pour vivre leur vie, un père atteint d’Alzheimer, le deuil d’un enfant à naître qui fracture le couple et elle qui pleure en lisant Belle du Seigneur… heureusement dans cette VDM, il y a aussi les copines jumelles un peu barges, la mercerie qui bon-en-mal-en la distraie de son quotidien, et son blog et ses lectrices grâce auxquelles Jo existe. J’ai lu ce livre en deux soirées. J’avais évidemment vu beaucoup de commentaires élogieux sur ce petit bouquin. Certaines lectrices se reconnaissent dans le personnage de Jo… Ce qui me laisse songeuse et me pose question.

 

Attention minute de réflexion (ceux qui ne voudraient pas lire mes divagations passent directement au paragraphe suivant, merci)

La lecture est un refuge, nul ne peut le nier, lire un roman fait rêver. Bon nombre de romans à succès (Dieu que cette locution est désuète, mais j’assume) suivent un schéma narratif stéréotypé : en général une histoire d’amour, un homme/une femme que tout sépare (humain-vampire pour le pire des cas, mais souvent on se contentera soit d’un niveau social différent - roman Harlequin type - soit d’un vague remake de Roméo et Juliette avec des familles qui se détestent) à cela ajouter une intrigue policière (meurtre, vol), un voyage dépaysant (exotique de préférence, sachant que pour la française moyenne – désolée mais ce sont souvent les filles qui lisent ce genre de littérature – les Etats-Unis sont particulièrement appréciés, allez savoir pourquoi…) et enfin, saupoudrer le tout d’une dose d’aventure. Et hop ! Oui, bon, en théorie ça marche, mais en pratique si l’auteur n’a pas un minimum de style, le repas risque de devenir rapidement indigeste. Bref, j’en viens donc à me poser la question fatale : a-t-on une vie si merdique qu’il nous faille aller chercher dans des romans de quoi nous échapper et d’accepter de poursuivre la route vaille-que-vaille ? Serait-ce la même chose qui nous anime quand on va valider la grille de loto de la super cagnotte ? Le même désespoir ? Pas réjouissant, n’est-ce pas ? Pour mon cas, mes motivations pour la lecture sont plutôt à mettre du côté de la curiosité et du plaisir des rencontres (avec les personnages, mais aussi de plus en plus avec les auteurs qui les ont fait naître), du reste, je ne me borne pas aux romans, je dévore aussi les essais, les livres d’histoire, de philosophie, psychologie… Ouf, je ne suis pas si désespérée !!!

Désolée de cet aparté, loin de mes habituels billets, mais c’est exactement la réflexion que j’ai eu après avoir tourné la dernière page de La liste de mes envies et lu quelques messages adressés à l’auteur sur facebook…

Parce que si je ne me suis, Dieu merci, pas reconnue dans la vie de Jo, j’ai vraiment apprécié de la rencontrer. Même si elle m’a fait un peu l’effet de Scarlet O’Hara : elle passe systématiquement à côté de tout ce qui pourrait être positif. Elle pourrait quitter son rustaud de mari, elle ne le fait pas, quitter sa vie médiocre, enfin être heureuse… mais, non. Je me suis révoltée, comme devant Autant en emporte le Vent, face à cette attitude de looseuse (il fallait bien un mot moderne), en vain. Le choix de Jo face à sa vie est celui de l’auteur (ben, oui, faudrait quand même pas oublier que c’est un roman) et j’aimerais bien en discuter un de ces quatre avec lui…

Bref, je vous épargne le blabla habituel que vous pouvez lire à peu près partout, sur la qualité de l’écriture, la simplicité des mots pour rendre attachant ce personnage, au fond, si commun… vous aurez compris que ce roman est vraiment spécial et qu’au-delà d’une simple intrigue romanesque, c’est un appel à la réflexion sur sa propre vision de la vie. Je ne sais pas si c’était l’intention de l’auteur, mais en tout cas, c’est réussi !

Par vhs
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