Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 10:57

la verticale du fouClarisse est morte.

Elle ouvre les yeux sur son corps mutilé, entouré par la police scientifique qui s’affaire sur la scène de crime de son propre meurtre.

La vision est dure. Choquante. Le décor sinistre.

Dans cet état d’exo conscience, elle fait alors un come-back sur sa vie passée. Dans une affliction particulière, dérangeante, elle reconstruit le puzzle de sa vie. Elle va vivre ses derniers instants post mortem dans une bien singulière situation : celle de refaire à l’envers le chemin des heures qui ont précédé sa mort, afin de pouvoir confondre son propre meurtrier.

La police scientifique est formelle : le meurtrier de Clarisse a déposé son corps à plusieurs kilomètres des lieux du crime, pour s’adonner à des pratiques nécrophiles sur celui-ci. Chris, le jeune lieutenant de police affecté sur cet étrange homicide, va se retrouver lui aussi face à une situation qui le dépasse : la femme qu’il aimait, celle pour qui sa vie allait basculer, se trouve sous ses yeux, atrocement mutilée. Peu avant sa mort, Clarisse avait entretenu une relation enflammée avec le jeune flic.

Dans une curieuse atmosphère, trois destins vont alors se croiser, s’enchevêtrer pour enfin révéler toute la complexité de leurs existences tourmentées.

En parallèle, la conjonction sordide d’affaires criminelles jamais élucidées va également ressurgir, révélant toute la noirceur de la folie humaine et l’infini de ses troubles.

 

Fabio M Mitchelli signe ici sa première œuvre littéraire : une nouvelle classée dans la catégorie Thriller fantastique par son éditeur.

Pour être fantastique, cela l’est. Dans les deux sens habituels du terme.

Nous pénétrons ici dans le plus profond de l’âme humaine avec Clarisse, jeune assassinée, dont le corps vient d’être découvert dans une forêt.

La narratrice, Clarisse, parle à la première personne du singulier, donnant la forme d’un témoignage au récit.

Faisant preuve de clairvoyance, elle revient sur les dernières heures de sa vie. Elle décrit son corps tel qu’il est découvert et tel qu’il fût, nous apprenant ainsi beaucoup de chose sur sa personnalité. Or, Clarisse n’est pas une sainte, loin de là.

Progressivement, on voit apparaître les autres personnages qui ont croisés sa route. Parmi eux, forcément, l’assassin. Mais, pour moi, l’intérêt de cette nouvelle n’est pas forcément là.

Au-delà de l’histoire purement policière, une dimension humaine se dessine. Voire existentielle. Clarisse qui aimait s’amuser, sans grande considération pour son entourage, décide de prendre un autre chemin. La mort l’en empêche. Est-on maître de sa vie ? Réellement ? Pourquoi Clarisse peut-elle voir l’enquête se dérouler ? Serait-ce dans un but rédempteur ? La dernière phrase avant l’épilogue est sans ambiguïté.

 

Le style d’écriture est au service de l’histoire. Les flash-back s’allongent au fil du récit, la narratrice recouvrant peu à peu la mémoire des évènements. Les heures sont égrainées, chronologiquement, et nous amène jusqu’au moment fatal et au-delà.

Le vocabulaire recherché (pour la description du corps de Clarisse particulièrement, où le mot est mis au service de l’imaginaire), la référence introductive à Dante (la suite de l’intrigue montre son importance) ainsi que les détails scientifiques (méthode de datation en phase post-mortem) font de cette nouvelle un moment bien plus littéraire que la plupart des « thrillers » habituels nous réserve.

A consommer sans modération !

Par vhs - Publié dans : roman fantastique
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