Mercredi 3 août 2011 3 03 /08 /Août /2011 23:09

... que personne ne se sente visé

mort aux cons

 

   

C’est à l’occasion du SWAP de la médiathèque de Signy, ce livre ne fut offert, accompagné de  « Les braves gens ne courent pas les rues » qui est encore dans ma PAL. C’est le titre qui avait séduit ma généreuse bienfaitrice. C’est vrai, qu’avec ses couleurs chatoyantes et son titre provocateur, il est difficile de passer devant sans le remarquer.

Mais si au premier coup d’œil on peut s’illusionner sur le coté léger du thème, on se rend bien vite compte que l’histoire est celle d’un tueur en série, un peu à l’instar de celui qu’on suit dans l’excellent film « c’est arrivé près de chez vous » (âme sensible s’abstenir), en largement moins dérangeant quand même.

Notre tueur est, ici, monsieur tout le monde. Un homme tranquille qui devient assassin presque par inadvertance. En utilisant la première personne du singulier, le narrateur nous renseigne sur ses états d’âme et on chemine avec lui dans les méandres de son raisonnement.

Tout commence par un geste irréparable : un soir de canicule, il jette le chat de sa voisine par la fenêtre. Puis il observe ce qui se passe : la voisine éplorée, l’immeuble entier qui hier encore l’ignorait accourant à son chevet. De là, il élabore sa première hypothèse : la mort du chat a rassemblé, créé du lien social, comme on dit.

L’histoire est lancée.

Tout au long du roman (ouf ce n’est qu’un roman) le narrateur dont on ne connait jamais l’identité, décrit son cheminement, nous fait part de ses hypothèses, élabore une théorie sur les cons, nous faisant partager sa réflexion, nous plaçant ipso facto dans une posture complice.

Le texte n’est qu’un long monologue, tantôt humoristique, tantôt philosophique. Et pour lui apporter la contradiction que toute démarche scientifique requiert, car notre serial killer s’inscrit dans ce type de démarche, un personnage secondaire apparait : le commissaire Marie. Au moment de son introduction dans le récit, on pourrait croire qu’il est un peu comme un Colombo : il a pressentit l’identité du coupable et il le ferre en restant omniprésent dans sa vie. C’est d’ailleurs la réflexion que se fait également le narrateur. Pourtant au fil de l’histoire, il apparaît de plus en plus comme le miroir de l’assassin : il l’aide à élaborer sa théorie sur les cons, lui prodiguant conseils et axes de réflexion. Mais, tel celui des foires aux monstres, le miroir est déformant…

 

L’histoire se présente comme un manifeste comme le précise la quatrième de couverture :

« Contrairement à l’idée répandue, les cons ne sont pas réformables. Une seule chose peut les amener non pas à changer, mais du moins à se tenir tranquilles : la peur. Je veux qu’ils sachent que le temps de l’impunité est révolu.

Je compte à mon actif cent quarante meurtres de cons. Afin qu’ils ne soient pas morts pour rien, je vous enjoins de lire ce manifeste. Il explique le sens véritable de mon combat.

Qui n’a jamais rêvé de tuer son voisin le dimanche matin quand il vous réveille à coups de perceuse ? Ou d’envoyer dans le décor l’automobiliste qui vous serre de trop près ? Mais passé les premiers meurtres d’humeur qui le débarrassent des cons de son entourage, le héros prend peu à peu conscience de l’ampleur de sa mission.

Carl Aderhold nous livre ici son premier roman. »

Mais, il faut attendre la dernière page du roman pour trouver la justification du livre. Et c’est là une idée tout à fait ingénieuse.

Tout comme celle qui est d’articuler le récit en 141 paragraphes numérotés, égrainant les 140 meurtres.

Et le 141ème ? Chhhhhhhhhhut, c’est une surprise !

 

Par vhs - Publié dans : roman philosophique
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Commentaires

Comme je te l'avais dit, je n'avais pas adoré... En relisant l'article que j'en avais fait, je me souviens que j'avais trouvé ça triste en fait. Au bout d'un certain temps, lassant, et trop cynique. Je suis une petite fleur bleue peut-être, va savoir...

Commentaire n°1 posté par Hélène le 04/08/2011 à 09h04

C'est vrai que par bien des aspects c'est assez sombre. Mais j'aime assez la morale :)

Réponse de vhs le 04/08/2011 à 13h07

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