roman initiatique

Lundi 4 avril 2011 1 04 /04 /Avr /2011 18:28

 

guerrier Massai

 

 

« Avoir cinquante ans, ça change tout.

 

Quarante-neuf, passe encore, mais cinquante… A cet âge, la vie devient une chose étrange : on se souvient de ce que l’on aurait aimé accomplir, de celui qu’on aurait aimé devenir.

 

 

Gabriel Poussin, lui, a quarante-neuf ans, onze mois et trente jours. Entre fiasco professionnel, routine de couple et sentiment d’échec général, il décide du jour au lendemain de tout plaquer. Sa femme, son chalet en bord de Seine, ses bouteilles de vin et ses chats. Et c’est en compagnie du plus improbable des compagnons qu’il va prendre le chemin de ce qu’il s’imagine être la Liberté. »

 

  Quatrième de couverture du livre d'Eric Gilberh

 

 

 

 

J’ai lu ce livre dans le cadre d’un partenariat BoB avec les éditions Arhsens. Je ne me souviens plus de la raison pour laquelle j’avais opté pour ce livre. Peut-être le terme de Massaï qui me rappelait de bons souvenirs (voir le billet sur Urban Massaï, Andras, si tu me lis…).

Je suis entrée très rapidement dans l’histoire. La narration à la première personne du singulier m’y a d’ailleurs aidée. Cet homme de cinquante ans moins une, faisant le bilan de sa vie personnelle (il vit à coté de sa femme) et professionnelle (il est concepteur de jeux de société à l’ère des consoles DS et autres) ne peut pas laisser indifférent.

 

 

Le rythme est rapide, l’histoire se déroule sur deux jours. En 48 heures, la vie de Gabriel Poussin bascule. Et, nous avec lui.

C’est drôle sans être hilarant, il y a du suspense sans être un thriller, des sentiments et de l’émotion sans être un roman d’amour.  

Pourtant, je me suis assez vite lassée de ce personnage larmoyant. Les répétitions m’ont gêné. Je comprends bien que notre personnage soit perdu. Mais ses retours pleurnichards sur sa vie avec son « Henriette adorée » à n’en plus finir…

Heureusement, sa rencontre avec Titan a relancé mon intérêt. Surtout que fidèle à mon habitude, j’avais lu les dernières pages du livre, et je voulais savoir comment il avait réussi à ce mettre dans cette situation.

 

 

Je n’ai pas très bien compris la fin et la réplique d’Henriette « pour la mère de son enfant, oui » me laisse perplexe, je ne comprends absolument pas comment il en arrive à la conclusion qui est la sienne… Mystère…

Autre chose également qui me laisse un doute : Gabriel fait référence à des origines Antillaises puis Africaine, mais je n’ai pourtant pas eu d’indice m’indiquant qu’il fût homme de couleur… Le doute reste.

Bon à part ces petites interrogations, j’ai quand même passé un bon moment. Ce livre se lit rapidement et m’a donné envie de me replonger dans Kessel… mais, je ne vous dirai pas lequel de ses romans…

 

   

Petite réflexion à l’intention de l’éditeur cette fois : la couverture souple n’est pas pratique, elle a tendance à s’enrouler ce qui est très désagréable.

 

Je remercie

 logobob01 

et

arhsens editions

 

 

Et pour les curieux, voici ce qu'en ont pensé  Mélanie, Perséphone et Pyraustha

 

Par vhs - Publié dans : roman initiatique
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Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 18:45

 

l'ecrivain de la famille 

J’avais entendu parler de ce livre. Je ne sais plus où, à la radio sans doute. Un enfant qui après un malheureux poème se voit investi de l’espoir littéraire familial. Le sujet était pour le moins intrigant. Paru chez JC Lattès, c’est le premier roman de Grégoire Delacourt.  Inconnu au bataillon. Enfin presque. Car Grégoire Delacourt est un publicitaire réputé. Vous savez : Cœur de Lion… ben, c’est lui.

J’ignore si ce roman est une autobiographie, elle en a le parfum mais pas l’officialisation. Une bonne question que n’ont certainement pas manqué de poser les journalistes lors de ses interviews que je n’ai ni lus, ni entendus. J’avoue ne pas avoir plus que ça cherché à savoir car après tout « cela ne nous regarde pas ».

La quatrième de couverture résume assez bien l’ensemble du roman :

 

« Je venais d’avoir le bac de justesse. Ma sœur avait quatorze ans, elle écoutait Sheila chanter Hôtel de la plage avec B. Devotion, allongée sur son lit. Il y avait des posters de Richard Gere et de Thierry Lhermitte sur les murs. Elle croyait au prince charmant. Elle avait peur de coucher avec un garçon, à moins qu’il ne fût le prince. Elle m’avait demandé si ça avait été bien ma première fois et j’avais répondu, d’une voix douce, oui, oui, je crois que c’était bien, et elle avait eu envie qu’on dise ça d’elle un jour, juste ça, oui, oui, c’était bien.

Et puis notre frère était entré dans la chambre, il nous avait couverts de ses ailes et nos enfances avaient disparues.

 

A sept ans, Edouard écrit son premier poème, quatre rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l’écrivain de la famille. Mais le destin que les autres vous choisissent n’est jamais tout à fait le bon…

Avec grâce et délicatesse, Grégoire Delacourt nous conte une histoire simple familiale, drôle et bouleversante. »

 

Le livre est divisé en trois parties : soixante-dix, quatre-vingt, quatre-vingt-dix. Les trois décennies sur lesquelles s’étale la vie de notre héros du jour.

Les chapitres sont courts. Ici, pas de phrases alambiquées de plusieurs lignes. On va droit au but. Habitude publicitaire sans doute.

C’est une histoire attachante. Une histoire de famille, une histoire de vie, une histoire initiatique ponctuée par des références sociales, des souvenirs générationnels (évidemment, il vaut mieux être de cette génération là pour comprendre toutes les subtilités du récit).

Si c’est autobiographie, le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur reste humble. Un homme comme tout le monde, ou presque. Evidemment il a fait fortune, mais il a tout perdu. Il jette un regard sans indulgence sur une vie certes bien remplie mais aussi pleine d’amertume. Et si la destinée de l’enfant qu’il fût se réalise bien tardivement, au moins elle se réalise. Avec ce roman, justement.

Dernière petite remarque : sur le bandeau promotionnel du livre, une citation de Jean-Louis Fournier : « L’Ecrivain de la famille m’a fait pleurer de rire, et rire aux larmes… »

J’avoue que cela me laisse perplexe. Franchement ce n’est pas un roman amusant. Intéressant oui, captivant tout autant. Amusant… Non.

Mais cela n’a aucune importance, on passe néanmoins un bon moment.

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Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 15:13

La rentrée littéraire a été encore une fois particulièrement prolixe, qu'il est donc difficile de faire son choix parmi plus de 650 livres proposés ! Heureusement, sur un étal, le dernier Yasmina Khadra m'attendait. Ayant rencontré l'auteur au salon du livre de Paris en mars, j'avais envie de poursuivre l'exploration de son univers. La couverture et le titre me paraissaient énigmatiques. La quatrième de couverture acheva de me convaincre :

 

equation africaineA la suite d'un terrible drame familial, et afin de surmonter son chagrin, le docteur Kurt Krausmann accepte d'accompagner un ami aux Comores. Leur voilier est attaqué par des pirates au large des côtes somaliennes, et le voyage « thérapeutique » du médecin se transforme en cauchemar. Pris en otage, battu, humilié, Kurt va découvrir une Afrique de violence et de misère insoutenable où « les dieux n'ont plus de peau aux doigts à force de s'en laver les mains ». Avec son ami Hans et un compagnon d'infortune français, Kurt trouvera-t-il la force de surmonter cette épreuve ?

En nous offrant ce voyage saisissant de réalisme qui nous transporte, de la Somalie au Soudan, dans une Afrique orientale tour à tour sauvage, irrationnelle, sage, fière, digne et infiniment courageuse, Yasmina Khadra confirme une fois encore son immense talent de narrateur. Construit et mené de main de maître, ce roman décrit la lente et irréversible transformation d'un Européen, dont les yeux vont peu à peu, s'ouvrir à la réalité d'un monde jusqu'alors inconnu de lui. Un hymne à la grandeur d'un continent livré aux prédateurs et aux tyrans génocidaires.

 

J'avais déjà pu apprécier les qualités littéraires de l'auteur dans L'olympe des infortunes, je n'ai pas été surprise. Des phrases superbes émaillent ce récit difficile. L'auteur emploie parfois des termes peu usités dans la langue française, comme l'adjectif « immarcescible » désignant quelques chose qui ne peut être flétri... joli mot, non ? D'autres passages décrivent avec poésie une Afrique sauvage et violente. Cette juxtaposition participe à l'effet de choc culturel qu'on peut ressentir en lisant ce livre. Ce médecin qui vit dans une opulence occidentale se retrouve dans une situation de dénuement total, devant survivre dans la plus grande indigence au milieu d'êtres qui n'ont plus que l'apparence humaine. Et pourtant...

Un récit écrit sous une forme de témoignage, le narrateur n'étant autre que Kurt lui même, est d'une efficacité redoutable. Les sentiments et leur évolution au cours de la détention du personnages sont partagés par le lecteur. On se laisse emporter par cette aventure, on vit l'enfermement, la faim, les espoirs et désespoirs des prisonniers jusqu'au jour...

Un roman bouleversant, à la fois philosophique et initiatique, qui présente un monde aux multiples facettes, où tout est possible, du meilleur comme du pire... (vous avouerez que je ménage bien le suspense, non?)

Si je n'ai lu qu'un seul roman de cette rentrée littéraire d'automne, je suis heureuse d'avoir choisi celui-ci, et je ne saurais trop vous motiver à faire la même chose.

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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 17:53

anna gavalda echappée belle

 

Quatrième de couverture :

Garance, Simon, Lola et Vincent sont frères et sœurs unis par les souvenirs et par le cœur. Ils se retrouvent tous les quatre à l’occasion d’un mariage qui s’annonce particulièrement ennuyeux. Sur un coup de tête, ils décident de s’éclipser et de prendre le chemin des écoliers pour quelques heures. Le temps de voler de rares instants de bonheur à la vie….

Un livre drôle et pudique, au style léger, direct, d’une séduisante simplicité.

 

C’est Sylvie qui m’a prêtée ce livre. J’ai, comme beaucoup, quelque part dans ma PAL, le fameux Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, mais je n’ai pas encore l’occasion, l’envie, le courage (peut-être) de l’ouvrir. Il reste là, à portée de main, à attendre, patiemment, que son heure sonne. J’avais un peu honte de ne pas encore avoir fait connaissance avec cet auteur dont on me dit depuis si longtemps le plus grand bien. Mais, je dois l’avouer : j’avais peur d’être déçue. Fidèle à la parole de Sacha Guitry (le meilleur moment dans l’amour est quand on monte l’escalier), je préférais donc retarder ce moment de lecture… Le retarder tant que je prenais le risque de ne jamais rencontrer Anna Gavalda.

C’eût été dommage.

Ce petit récit n’a pourtant rien de particulier. Pas d’intrigue haletante, pas de suspense insoutenable… mais un ton, des portraits, une tranche de vie.

L’humour est présent dès les premières pages. Il s’estompe progressivement pour faire place à une certaine gravité qui sied particulièrement au texte. La narratrice, Garance, entre dans la voiture de son frère, Simon, venu la chercher en compagnie de sa charmante épouse afin d’aller assister au mariage d’une vague parenté. S’en suit un échange acide entre les deux femmes. Le ton est donné.

Le point de vue est celui de Garance, le récit à la première personne du singulier (décidément j’adore ça) ce qui confère à l’histoire une tournure particulière. En effet, ce mariage n’est qu’un prétexte pour que la fratrie se retrouve et passe un dernier jour ensemble, comme lorsqu’ils étaient enfant.  

Prétexte et symbole à la fois : celui du passage de l’enfance-adolescence à l’âge adulte, de l’insouciance à l’engagement. Garance est encore célibataire, vivant comme une étudiante, passant des soirées à boire ou à jouer au poker... et qui sent malgré elle venir le temps des responsabilités.

Un petit roman, presqu’une nouvelle (à peine 120 pages) riche en émotion, vecteur d’une prise de conscience : celui du temps qui passe, irrémédiablement, changeant en souvenirs nos instants les plus précieux.

Bon, si je comprends bien, je n’ai plus qu’à replacer le premier succès d’Anna Gavalda sur le dessus de ma PAL… et si j’étais déçue ?

 

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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 21:43

J’ai reçu ce livre au SWAP de Noël de la médiathèque de Signy. Je connaissais évidemment Katarina Mazetti pour son livre le mec de la tombe d’à côté (dans ma PAL depuis… je ne sais même plus quand). J’ai donc appris qu’elle écrivait aussi pour la jeunesse.

Tatiana a eu la délicatesse de m’offrir le second tome de la trilogie. Pourquoi la délicatesse ? Parce qu’elle sait que je n’aurai pas apprécié le premier opus (la meilleure amie de l’héroïne, Pia, se suicidant).

Même si le fantôme de Pia apparaît çà et là, la tonalité de l’histoire est plutôt légère. Linnea est une adolescente flanquée d’un adorable petit frère Knotte, d’un beau-père artiste et d’une mère qui fait ce qu’elle peut. Pour pallier à la disparition de son alter ego Pia, elle s’entoure de deux copines : Madde et Malin. La première est éclipsée avant la fin du livre, égocentrée et parfaitement imbuvable, l’autre, excentrique (elle s’essaye à la magie et vit au milieu d’un univers régit par des forces occultes) prend petit à petit la place de la disparue, sans la faire oublier pour autant.

L’écriture est à l’image de l’héroïne : directe, sans fioriture, avec un niveau de vocabulaire marquant la maturité de la jeune fille. Les phrases sont courtes, incisives, au service de la narration.

Linnea est une jeune fille qui se retrouve très régulièrement dans la mouise. Bien sûr, ce n’est jamais entièrement de sa faute. Et c’est souvent en partant d’une bonne intention qu’elle se met dans des situations des plus périlleuses.

C’est un récit pétillant, comme la jeunesse, une récréation qui fait du bien.

Merci Tatiana !

 

881227021 MML4ème de couverture :

 

Linnea, dix-sept ans, ne s’est pas remise du décès brutal de Pia, sa meilleure amie. En cette nouvelle rentré, flanquée de deux copines plus paumées qu’elle, elle interroge les adultes sur le sens de l’existence et cache sa détresse sous une cruauté moqueuse. Quand sa grand-mère chérie lui offre une belle somme d’argent, elle envoie tout promener et part en voyage. C’est le moment pour elle de tomber amoureuse, de faire des choix inconsidérés, de prendre des risques, de perdre son innocence… bref, de vivre sa vie.

Après Entre Dieu et moi, c’est fini, Linnea a grandi mais n’en est que plus déboussolée par le monde adulte. Son désarroi mâtiné de culot offre des pages aussi tendres qu’hilarantes, un cocktail que Katarina Mazetti maîtrise à merveille et que l’on retrouvera en collection Babel dans le troisième volume consacré à son héroïne encore adolescente, mais plus pour longtemps : La fin n’est que le début.

Par vhs - Publié dans : roman initiatique
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